Approche histologique de l’étude du vieillissement dans un modèle de peau reconstruite in vitro – Anaëlle Guillemot (IRMB – Montpellier)
La peau humaine, comme tous les organes, subit au cours du temps, des changements physiologiques, structurels et biologiques liés au vieillissement. L’altération de ses fonctions est associée à l’amincissement des différentes couches du tissu cutanée, à la diminution du nombre de cellules souches épidermiques et l’aplanissement de la jonction dermo-épidermique. La compréhension de ces mécanismes impliqués dans le vieillissement constitue un enjeu majeur dans le domaine de la biologie cutanée.
Lorsque ce tissu complexe est prélevé chez un patient et maintenu en culture sa durée de vie est assez limitée (5 jours). Pour pallier à cette contrainte, la peau reconstruite à partir de ses constituants cellulaires est une alternative efficace et performante comparée aux explants. Il existe plusieurs protocoles permettant d’obtenir des peaux 3D à partir de cellules. Nous avons choisi de travailler avec un modèle constitué d’un derme contenant des fibroblastes intégrés dans une matrice de collagène, surmonté d’un épiderme contenant des kératinocytes capables de stratifier grâce à une culture à l’interface air-liquide. Cet organe reconstruit présente une structure simplifiée mais similaire à celle de la peau issue de patient.
Afin d’étudier le phénomène de vieillissement dans ce modèle nous avons utilisé une banque de cellules primaires cutanées humaines issues d’abdominoplasties de patients jeunes et âgés. Les modèles qui utilisent des cellules primaires permettent de reproduire le phénotype lié à l’âgé efficacement et de récapituler les aspects du vieillissement.
L’objectif de ce travail est de mettre en place une plateforme d’étude afin de démontrer qu’il est possible d’induire un rajeunissement morphologique et moléculaire dans un modèle de peau reconstruite humaine, ouvrant ainsi des perspectives pour le développement de stratégies thérapeutiques ciblant le vieillissement cutané.