La stimulation directe des nerfs du bras est une approche visant la restauration des fonctions du poignet et des doigts, altérées à la suite d’une atteinte neurologique [1]. En pratique, la qualité des mouvements évoqués par la stimulation est conditionnée à l’activation synergique de muscles cibles et donc au recrutement sélectif des fibres nerveuses constituant le nerf. Cependant, en raison d’une forte variabilité inter-individuelle et de l’absence de connaissance anatomique à priori (répartition des fascicules ; distribution et diamètre des fibres motrices), le réglage de la stimulation se fait au moyen de sessions de calibration empiriques (chronophages) et non de manière anatomie-dépendante. Du fait de sa proximité anatomique avec l’homme, le cochon constitue un modèle expérimental de référence pour l’étude des effets d’une stimulation fonctionnelle des nerfs du bras. [2]. Après stimulation épineurale et enregistrement de signaux EMG évoqués, les nerfs de la patte avant de 4 animaux ont été prélevés pour analyses histologiques (6 nerfs au total). La répartition des fascicules nerveux a été révélée par coloration à l’hématoxyline éosine safran (HES) [3], tandis qu’un marquage immunohistochimique à l’anti-choline-acétyltransférase (anti-ChAT) – technique utilisée sur des échantillons issus d’autres mammifères [4] mais jamais sur le cochon – a dévoilé la distribution des fibres motrices au sein du nerf. Le marquage HES a révélé une organisation intra neurale similaire à celle de l’homme du point de vue fasciculaire – tandis que le marquage immunohistochimique a mis en évidence les motoneurones cibles au sein du nerf. Cette étude, reposant sur le développement d’un protocole de marquage immunohistochimique spécifique au modèle porcin, a permis de réaffirmer la pertinence du modèle porcin dans les études électrophysiologiques, tout en ouvrant la voie à l’élaboration d’un modèle computationnel permettant de lier stimulation épineurale et mouvements évoqués. [1] K. L. Kilgore et al., « Evolution of Neuroprosthetic Approaches to Restoration of Upper Extremity Function in Spinal Cord Injury », Top Spinal Cord Inj Rehabil, vol. 24, no 3, p. 252-264, 2018, doi: 10.1310/sci2403-252. [2] A. S. Hanna et al., « Brachial plexus anatomy in the miniature swine as compared to human », J Anat, vol. 240, no 1, p. 172-181, janv. 2022, doi: 10.1111/joa.13525. [3] A. Kundu et al., « Stimulation Selectivity of the “Thin-Film Longitudinal Intrafascicular Electrode” (tfLIFE) and the “Transverse Intrafascicular Multi-Channel Electrode” (TIME) in the Large Nerve Animal Model », IEEE Trans. Neural Syst. Rehabil. Eng., vol. 22, no 2, p. 400-410, mars 2014, doi: 10.1109/TNSRE.2013.2267936. [4] M. Badi et al., « Intrafascicular peripheral nerve stimulation produces fine functional hand movements in primates », Sci. Transl. Med., vol. 13, no 617, p. eabg6463, oct. 2021, doi: 10.1126/scitranslmed.abg6463.
Conférence Événement terminé
Étude des caractéristiques morphométriques du nerf médian chez le cochon. Révéler l’anatomie pour améliorer les approches de restauration fonctionnelle
Mercredi 10 juin 202617:05 – 17:25
Intervenant(s)
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Jonathan Baum INRIA — Montpellier
Session / thématique : Session 2 — Modèles exotiques