La pathologie digitale et ses applications en clinique et enseignement – Pascal Roger (CHU– Nîmes)
En collaboration avec Montpellier, le CHU de Nîmes a achevé deux ans de transition vers la pathologie numérique, après deux ans de préparation. Ce projet régional, destiné à s’étendre à Béziers et Perpignan, vise à faciliter les échanges, renforcer la traçabilité, préparer à l’Intelligence artificielle (IA), améliorer l’efficience et redynamiser l’attractivité du métier.
La numérisation étant une étape supplémentaire, elle a accru la charge de travail des techniciens, allongé la prise en charge des dossiers de 12 à 24 heures, et renforcé les exigences techniques, les défauts de préparation des lames devenant inacceptables. La dépendance informatique a complexifié la gestion des pannes, et le projet a représenté un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros, avec un impact écologique lié aux équipements supplémentaires.
Cependant, les bénéfices sont majeurs. La visualisation optimisée permet un screening accéléré des dossiers, tandis que la fin des recherches de lames physiques et la vérification instantanée de leur exhaustivité ont généré un gain de temps notable. Les outils intégrés, comme la mesure précise des lésions, ont amélioré la qualité technique. Les échanges entre Nîmes et Montpellier se font désormais sans transfert physique des lames, sauf cas spécifiques, avec un système de tchat traçable et une prise en main à distance. La pédagogie a été transformée : accès simultané aux cas pour les internes, cerclage des zones d’intérêt, accès facilité des lames aux cliniciens lors des réunions pluridisciplinaires. Les techniciens visualisent désormais les lames sur leurs postes, facilitant leur sensibilisation aux artefacts.
L’attractivité du laboratoire a été renforcée, avec une image moderne et innovante. Le télétravail est désormais possible pour plusieurs médecins, et l’adhésion est unanime : aucun pathologiste ne souhaite revenir au microscope. Les perspectives incluent l’extension du projet à Béziers et Perpignan, l’intégration de nouveaux outils comme la détection par IA, et des applications cliniques telles que le dépistage en cytologie ou le tri automatisé par IA pour cibler les cas complexes.
En conclusion, ce projet illustre une révolution technologique réussie, avec des bénéfices tangibles en efficience, collaboration, pédagogie et attractivité, ouvrant la voie à de nouvelles innovations pour les patients et les professionnels.
Intervenant
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Pascal Roger